« Les Poissons marteaux » mercredi 10 août 2011 à 20h35 sur France 2
« Les Poissons marteaux » un film de André Chandelle, d’après un scénario original et des dialogues de Dominique Garnier, récompensé au festival de Luchon 2009 : prix d’interprétation féminine pour Michèle Bernier et Sara Giraudeau, du prix de la meilleure musique pour Willy Gouders et prix du public pour André Chandelle le réalisateur.
Une reconnaissance partagée avec tous les acteurs du film Isabelle Défossé, Hervé Laudière, Wim Willaert … et les musiciens du Créahm Bruxelles :
Clavier: Philippe Gailliez
Percussions : Ahmed Zain
Grosse caisse: Yannick Michiels
Harmonica: Claudine Ryntjens
Batterie : Nicolas Kirkousis
Basse: Lionel Leblanc
Chant: Chloé de Villenfagne
Guitare et trombone: Olivier Decroly
Clarinette : Willy Gouders
et tous ceux qui ont participé au film.

Célèbre chanteuse de jazz, Marion (Michèle BERNIER) a tout sacrifié à son métier, même sa fille, Ella (Sara GIRAUDEAU), handicapée mentale d’une vingtaine d’années, qu’elle a abandonnée enfant. Ella fugue pour retrouver sa mère qu’elle ne connaît qu’à travers sa carrière musicale.
Contrainte de raccompagner sa fille, Marion fait connaissance avec le monde déroutant et mystérieux des handicapés auquel elle est d’abord hermétique. Avant de trouver un langage commun avec eux : la musique. Et un langage commun avec sa fille : celui du cœur.
Photos copyright Native / Jacques Morell
Bande-annonce
Extraits musicaux
Vous trouverez le DVD du film, comprenant un CD du groupe MCB7 dont les musiciens interprètent les poissons marteaux en vente sur la boutique de native
Le point de vue de l’auteur et du réalisateur …
Dominique Garnier :
» Marion vit mal car elle nie qu’elle a une fille, elle nie même qu’elle se sent coupable de l’avoir rejetée. Elle vit dans l’oubli, dans le déni.
Ella, elle aussi, vit mal ce manque, cette absence. Elle est bien la fille de quelqu’un. Tout le monde a une mère. La sienne est un mythe. Elle a besoin de lui donner une réalité pour ne pas sombrer dans le désespoir.
La rencontre a lieu. Rencontre au sens de choc, comme lorsque deux personnes qui ne se voient pas ou qui sont maladroites se heurtent, se cognent, prennent conscience de la réalité de l’autre dans la douleur du coup violent qui les a renversées. La grande surprise pour l’une comme pour l’autre, c’est de se rendre compte qu’elles se ressemblent. Elles se ressemblent comme êtres humains et comme femmes. Elles ont une histoire semblable, semblable également à celle d’Anne l’éducatrice et à tant d’autres femmes : elle ont besoin d’aimer, de désirer, d’être désirées. Elles souffrent de chagrin d’amour, de solitude ou de jalousie. Elles font ce qu’elles peuvent pour vivre, pour être heureuses, et n’y arrivent pas toujours. C’est finalement à travers cette complicité-là que Marion pourra se rapprocher de sa fille anormale, s’accepter comme mère, transmettre son histoire et se reconnaître en elle. Se faisant, elle donne une identité, un avenir à Ella.
Mais la tendresse qu’elle a fini par éprouver pour sa fille, son besoin de la consoler, la délivrent elle-même de sa solitude autodestructrice et l’aident aussi à se retrouver. »
André Chandelle :
« Dominique Garnier a écrit son scénario en se basant fortement sur les anecdotes, le vécu et la pratique de Willy Gouders auprès de ses chers poissons marteaux. En effet, Willy anime un atelier de musique dans un centre d’handicapés mentaux à Bruxelles, le Créahm, en Belgique. Au fil du temps, un véritable petit groupe musical s’est formé qui donne des concerts un peu partout en Belgique et en Europe. A plusieurs reprises, au cours de l’écriture, nous avons confronté les handicapés aux mots et aux sentiments décrits dans le texte, afin de coller le plus possible, en amont, à la vérité des caractères et des situations. Il en résulte une sincérité et une poésie qui ne sont pas seulement le fait du talent de notre scénariste mais aussi celui de l’incroyable créativité et force de vie des handicapés mentaux dont nous nous sommes inspirés.
Cette expérience sur laquelle nous nous appuyons constitue un incontestable gage pour la crédibilité, mais aussi pour la faisabilité d’une entreprise qui vue de l’extérieur, peut paraître casse-gueule, voire utopique dans l’économie et le tempo toujours plus élevé des téléfilms d’aujourd’hui. Pourtant, avec cette méthode mise en place dès l’écriture, nous pensons pouvoir faire ce film en le remettant sans cesse en jeu face aux réactions et aux questions que les handicapés vont nous renvoyer. Ils sont et ils seront, tout au long de la fabrication du film, nos partenaires privilégiés. Des partenaires auxquels il faudra sans cesse s’adapter. Ainsi, par exemple, nous pensons que la caméra ne peut être qu’une caméra portée à l’épaule, prête à voler de petits instants de grâce et de vie, de ceux qui ne reviennent pas et qui ne doivent rien aux répétitions. Comme avec des enfants, il faudra respecter les fatigues, le tempo, le rythme de ceux avec qui nous travaillerons.
Nous croyons, qu’il y a là matière à une belle histoire, et à une vraie aventure. Les deux pouvant donner naissance à un film décalé par l’humour, l’humanité et la différence de ceux que l’on appelle des handicapés mentaux. «
